Récupération de données après ransomware : des retours d’expérience qui redonnent espoir

Une attaque par ransomware peut arrêter une activité en quelques heures : serveurs inaccessibles, disques chiffrés, NAS compromis, sauvegardes supprimées ou jeux Veeam devenus illisibles. Dans ce contexte, il est naturel de penser que les données sont définitivement perdues. Pourtant, de nombreux retours d’expérience de dirigeants, DSI, collectivités et associations démontrent qu’une récupération de données après ransomware reste souvent envisageable (voir www.databack.fr/recuperation-de-donnees/ransomware/).

Les résultats obtenus dépendent de la nature de l’attaque, de l’état des supports et de la rapidité des actions engagées. Ils peuvent aller de la restauration des données les plus prioritaires à la récupération de la quasi-totalité des fichiers métier, des bases de données, des annuaires Active Directory et des sauvegardes. L’enjeu est considérable : permettre la reconstruction du système d’information, réduire la durée d’interruption et préserver la continuité de l’activité.

Après un ransomware, les données ne sont pas toujours perdues

Un ransomware ne se limite pas toujours au chiffrement des fichiers visibles sur un serveur. Les attaquants peuvent également viser les NAS, les disques de sauvegarde, les environnements virtualisés, les réplications, les jeux Veeam Backup et les supports connectés au réseau. Certains incidents signalés dans les témoignages ont même impliqué la purge de sauvegardes pourtant conservées avec plusieurs jours de rétention.

Cette situation est extrêmement préoccupante, mais elle ne signifie pas systématiquement que toutes les données sont irrécupérables. L’analyse technique peut révéler des éléments exploitables sur plusieurs supports :

  • des fichiers chiffrés pouvant être traités selon le type de chiffrement rencontré ;
  • des volumes contenant encore des structures de données exploitables ;
  • des sauvegardes supprimées, altérées ou incomplètement détruites ;
  • des données présentes sur des serveurs, disques externes, NAS ou médias secondaires ;
  • des fragments de jeux de sauvegarde permettant de reconstruire des données essentielles ;
  • des versions récentes de documents qui peuvent être recoupées avec d’autres sources disponibles.

La récupération ne repose donc pas sur une promesse uniforme. Elle repose sur un diagnostic précis, sur la préservation des preuves et sur l’exploitation méthodique de tous les médias disponibles.

Des témoignages qui illustrent des récupérations concrètes

Les expériences rapportées par des organisations confrontées à une cyberattaque mettent en évidence une réalité importante : même dans les scénarios les plus critiques, une intervention spécialisée peut faire une différence majeure pour le redémarrage de l’activité.

Retrouver les données essentielles pour sauver l’activité

Dans un témoignage daté de septembre 2025, le président d’une entreprise de Perpignan explique avoir expédié une partie importante de son infrastructure après une attaque par cryptolocker. Selon son retour, l’intervention a démarré dès la réception du matériel, tôt le matin, et a permis de récupérer les données essentielles de l’entreprise. Il souligne que cette récupération a contribué à préserver l’activité dans une période particulièrement critique.

Ce type de situation rappelle que la priorité n’est pas toujours de restaurer immédiatement chaque fichier historique. La première étape consiste souvent à identifier les éléments indispensables à la reprise :

  • les bases de données de production ;
  • les documents clients et dossiers en cours ;
  • les fichiers comptables et administratifs ;
  • les partages métiers ;
  • les annuaires et configurations nécessaires aux accès ;
  • les données permettant de continuer à facturer, produire ou servir les usagers.

En concentrant les efforts sur les données à plus forte valeur opérationnelle, l’organisation peut accélérer sa remise en route tout en poursuivant, si nécessaire, la récupération d’autres contenus.

Récupérer des sauvegardes chiffrées, y compris des jeux Veeam

Les sauvegardes sont souvent considérées comme la dernière ligne de défense. Or, les ransomwares modernes cherchent fréquemment à les chiffrer, les supprimer ou les rendre inutilisables avant que l’attaque ne soit découverte. Plusieurs témoignages montrent néanmoins que des sauvegardes compromises peuvent parfois conserver des données récupérables.

En juin 2025, un directeur général de la Drôme indique que la quasi-totalité des données stockées dans des jeux de sauvegarde chiffrés a pu être récupérée. En avril 2022, le Centre Interdépartemental de Gestion de la Grande Couronne Île-de-France rapporte également la récupération réussie d’une partie de ses données à partir de sauvegardes Veeam Backup chiffrées, après une première tentative infructueuse avec un autre intervenant.

Ces retours ne signifient pas que chaque sauvegarde chiffrée peut être restaurée. Ils illustrent toutefois l’intérêt de ne pas conclure trop vite à l’échec. Une expertise adaptée peut examiner les jeux de sauvegarde, leur cohérence, leurs blocs de données et les possibilités de reconstruction avant de décider des étapes de reprise.

Reconstituer la quasi-totalité des données en croisant plusieurs médias

Dans certains dossiers, la meilleure stratégie ne consiste pas à compter sur une seule source. Elle repose sur une analyse croisée de plusieurs supports: serveurs de production, NAS, disques de sauvegarde, volumes secondaires, copies disponibles chez un prestataire ou données déjà extraites.

Un directeur informatique du Bas-Rhin témoigne en janvier 2025 d’une attaque ayant purgé les sauvegardes de plusieurs clients malgré quatorze jours de rétention. Selon son retour, la majorité des données chiffrées a pu être exploitée puis croisée avec d’autres données sauvegardées sur d’autres médias, permettant de reconstituer la quasi-totalité des données concernées.

Ce travail de rapprochement est particulièrement utile lorsque chaque support contient une partie de l’information nécessaire. Une source peut apporter les fichiers récents, une autre des données antérieures, tandis qu’un troisième média peut contribuer à restaurer une base ou une arborescence documentaire. L’objectif est de maximiser la valeur des données restituées pour la reprise.

Les résultats observés selon les situations rencontrées

Les témoignages disponibles font ressortir plusieurs niveaux de réussite, tous importants dans une phase de crise. Le résultat pertinent est celui qui permet à l’organisation de restaurer ses processus vitaux et de reprendre le contrôle de son système d’information.

Situation rencontrée Résultat rapporté Bénéfice opérationnel
Serveurs et disques chiffrés Récupération de données critiques ou de fichiers stratégiques Reprise des activités prioritaires et reconstruction accélérée
Sauvegardes effacées ou purgées Exploitation de données résiduelles et croisement avec d’autres médias Reconstitution d’un volume de données très significatif
Jeux Veeam Backup chiffrés Récupération partielle à quasi-totale selon l’état des sauvegardes Valorisation d’une sauvegarde considérée comme inutilisable
NAS de sauvegarde crypté Récupération de fichiers à une date récente par rapport à l’attaque Réduction de la perte de données et du travail de ressaisie
Environnement de production corrompu Extraction des données les plus importantes Continuité d’activité pendant une migration ou une reconstruction
Données effacées sur de nombreux serveurs Récupération annoncée à 99 % dans un cas de collectivité Redémarrage plus rapide des services aux usagers

Dans les retours d’expérience, certaines organisations évoquent une récupération de la quasi-totalité de leurs données, d’autres la restauration complète de documents et de bases Active Directory, et d’autres encore la récupération des données prioritaires. Chaque cas est différent, mais tous montrent qu’un scénario apparemment bloqué peut encore offrir des possibilités de reprise.

Une méthode d’intervention pensée pour l’urgence

Lorsqu’une entreprise, une collectivité ou une association subit un ransomware, chaque heure compte. Une approche structurée permet à la fois de protéger les supports et d’avancer rapidement vers une évaluation fiable des données récupérables.

1. Réaliser un diagnostic rapide de la situation

Le diagnostic vise à comprendre l’étendue du chiffrement, les supports concernés, les technologies utilisées et les données les plus importantes à restaurer. Il permet aussi de déterminer quelles actions sont compatibles avec la préservation des informations restantes.

Cette première phase peut inclure l’identification des serveurs touchés, des disques disponibles, des sauvegardes accessibles, des volumes chiffrés et des supports qui ont été effacés ou purgés. Elle aide à établir un ordre de priorité cohérent pour les opérations de récupération.

2. Effectuer des copies sécurisées des supports

La copie sécurisée des médias concernés constitue une étape essentielle. Elle permet de travailler sur des duplications plutôt que sur les équipements de production, afin de limiter les manipulations sur les originaux et de préserver les possibilités d’analyse ultérieure.

Un responsable du système d’information de Loire-Atlantique explique qu’après la découverte d’une cyberattaque, les serveurs ont été récupérés le jour même afin d’en réaliser des copies sécurisées. Cette organisation a permis de restituer rapidement les équipements, tandis que le travail de récupération se poursuivait sur les copies. L’entreprise a alors pu réinitialiser et réinstaller ses environnements avant de recevoir les données utilisateurs restaurées sur un disque dur externe sécurisé, moins de sept jours après la récupération des serveurs.

Cette séparation entre la reconstruction de l’infrastructure et le traitement des copies peut constituer un levier puissant pour accélérer le retour à l’exploitation.

3. Analyser plusieurs médias au lieu de s’arrêter à une seule sauvegarde

Une sauvegarde chiffrée n’est pas nécessairement la fin du processus. Un NAS compromis n’est pas forcément la seule source de données. Un serveur de fichiers peut contenir des éléments qui complètent une base récupérée ailleurs. Une analyse multi-supports permet de rechercher toutes les opportunités de restauration.

Cette démarche est particulièrement pertinente lorsque l’attaque a touché une infrastructure complète. Elle favorise la reconstitution des informations métier les plus utiles à partir des données récupérables présentes sur différents supports.

4. Déchiffrer, extraire et valider les données récupérables

Selon le scénario technique, l’intervention peut comprendre le traitement de données chiffrées, l’extraction de fichiers, l’analyse de sauvegardes et la validation des contenus récupérables. La validation est importante : elle permet aux équipes métier et informatiques de vérifier que les données correspondent aux priorités de la reprise.

Un DSI du groupe Onoré indique, dans un témoignage de novembre 2024, avoir été accompagné lors du déchiffrement de plusieurs disques stratégiques. Il met en avant la maîtrise du processus, depuis la mise à disposition des disques jusqu’au diagnostic et à la restitution des données déchiffrées.

5. Restituer rapidement les équipements et les données

Dans une crise cyber, la disponibilité des serveurs peut être aussi importante que l’accès immédiat aux données. Restituer les équipements rapidement peut permettre aux équipes internes ou à leur prestataire de reconstruire l’environnement, de réinstaller les systèmes et de préparer les futurs espaces de stockage.

La restitution des données récupérées sur un support sécurisé facilite ensuite leur réintégration dans un environnement propre. Ce fonctionnement aide à organiser la reprise de manière séquencée : remise en état de l’infrastructure, réinstallation des applications, puis réimportation progressive des données validées.

Des bénéfices déterminants pour la continuité d’activité

La récupération de données après ransomware n’est pas uniquement une opération technique. Elle soutient des décisions concrètes de gestion de crise et peut réduire fortement les conséquences opérationnelles, financières et humaines d’une attaque.

Reprendre plus vite les services essentiels

Pour une collectivité, restaurer les données peut permettre de redémarrer des services attendus par les usagers. En décembre 2022, une représentante de la Ville de Brunoy rapporte que 99 % des données effacées sur quarante serveurs ont été récupérées, contribuant à un redémarrage rapide des services et à une limitation de l’impact pour les habitants.

Pour une association, un établissement de santé ou une entreprise, la capacité à retrouver des documents, bases et dossiers métier peut être tout aussi décisive. Le retour d’expérience d’un pôle de soins évoque ainsi la contribution de la récupération de données cryptées au retour d’un quotidien de travail réparé pour les patients et les équipes.

Réduire la perte de données et la ressaisie

Plus les données récupérées sont récentes, moins l’organisation doit reconstituer manuellement les informations manquantes. Cela peut représenter un gain considérable pour les équipes commerciales, administratives, techniques, médicales ou comptables.

Un syndicat mixte témoigne en juillet 2023 de l’analyse de deux serveurs chiffrés et d’un NAS de sauvegarde. Selon ce retour, quasiment tous les fichiers ont pu être récupérés à une date proche de l’attaque. Cette proximité temporelle est particulièrement précieuse pour préserver les dossiers en cours et limiter les efforts de reconstitution.

Accélérer la reconstruction du système d’information

La récupération des données et la reconstruction d’un environnement informatique peuvent avancer en parallèle. Les équipes internes peuvent préparer des serveurs propres, reconstruire les identités, réinstaller les logiciels et sécuriser l’infrastructure, pendant que les copies des supports sont analysées.

Dans un cas rapporté en mars 2024 par un responsable d’exploitation SI de groupe, le diagnostic a aidé à accélérer la bascule d’une filiale touchée vers le système d’information du groupe. Les données les plus importantes ont été récupérées afin de soutenir la continuité de l’entreprise pendant cette transition.

La réactivité et l’accompagnement humain comptent autant que la technicité

Une attaque ransomware crée une pression forte sur les dirigeants, les DSI et les équipes opérationnelles. Les retours d’expérience mettent régulièrement en avant la valeur d’un accompagnement clair, disponible et rassurant, en complément de l’expertise technique.

Un directeur général de Saint-Marcel-lès-Valence souligne notamment la disponibilité, l’écoute et la clarté des explications tout au long d’une intervention ayant permis la récupération de la quasi-totalité de données stockées dans des sauvegardes chiffrées. D’autres témoignages évoquent la régularité des informations communiquées sur l’état des données récupérables, la ponctualité des équipes et leur capacité à proposer des solutions adaptées aux demandes spécifiques.

Dans une période où les décisions doivent être rapides, un interlocuteur capable d’expliquer les étapes, les priorités et les résultats constatés aide l’organisation à reprendre la maîtrise de la situation.

Pourquoi la confidentialité est indispensable après une cyberattaque

Les supports confiés pour récupération peuvent contenir des données clients, des informations financières, des dossiers RH, des données sensibles, des bases métiers ou des documents confidentiels. La confidentialité doit donc accompagner chaque étape de l’intervention : transport du matériel, copie, analyse, stockage temporaire, extraction et restitution.

La gestion rigoureuse des supports aide les organisations à traiter l’urgence sans négliger leurs obligations de protection des informations. Elle est particulièrement importante pour les collectivités, les structures de santé, les associations et les entreprises qui manipulent des données personnelles ou stratégiques.

Les premières actions à privilégier après la découverte d’un ransomware

Face à une attaque, des décisions précipitées peuvent compliquer l’analyse ou réduire les possibilités de récupération. Une réponse organisée favorise au contraire la préservation des données et la préparation de la reprise.

  1. Isoler les équipements concernés afin de limiter la propagation et de préserver l’état des systèmes.
  2. Éviter les manipulations inutiles sur les supports chiffrés, effacés ou suspects avant d’avoir évalué les conséquences techniques.
  3. Recenser les médias disponibles: serveurs, disques, NAS, sauvegardes, supports externes, réplications et copies secondaires.
  4. Identifier les données prioritaires pour la continuité : bases, documents clients, annuaires, applications métier et fichiers de production.
  5. Préparer la reconstruction d’un environnement sain pour accueillir les données une fois celles-ci restaurées.
  6. Faire analyser rapidement les supports afin d’obtenir une vision réaliste des possibilités de récupération.

Après un ransomware, l’absence de sauvegarde immédiatement exploitable ne doit pas conduire à abandonner trop vite l’espoir de récupération. Chaque support peut contenir des informations utiles à la reconstitution des données et à la reprise de l’activité.

Des exemples de reprise réussie dans des contextes très différents

Les témoignages couvrent des profils d’organisations variés : entreprises privées, groupes multi-sites, prestataires informatiques, collectivités territoriales, structures associatives, établissements de soins et acteurs du secteur public. Cette diversité montre que la récupération de données répond à des besoins concrets dans de nombreux environnements.

  • Une association de Haute-Corse indique avoir retrouvé la possibilité de récupérer des données après une attaque ayant paralysé son système d’information et effacé ses sauvegardes.
  • Une entreprise de communication et de systèmes d’information à Lognes rapporte avoir récupéré l’ensemble de ses documents et de ses bases Active Directory après le chiffrement de ses données.
  • Une société ayant perdu ses données à la suite d’un piratage témoigne avoir retrouvé l’ensemble de ses contenus depuis un disque de sauvegarde également touché par un cryptolocker.
  • Un groupe industriel rapporte que le déchiffrement de données a permis une reprise d’activité rapide après la copie de ses serveurs.
  • Un centre d’oncologie et de radiothérapie témoigne de la restauration de données prioritaires pour engager la reconstruction de son système d’information après l’effacement des sauvegardes sur deux centres.

Ces expériences ne constituent pas une garantie de résultat pour chaque incident. Elles confirment cependant qu’une attaque sévère, y compris lorsqu’elle touche les sauvegardes, peut encore laisser des perspectives de récupération utiles et parfois très importantes.

Conclusion : agir vite pour transformer une crise en reprise maîtrisée

Une attaque par ransomware peut toucher simultanément les serveurs, les disques, les NAS et les sauvegardes. Cette ampleur ne doit pas faire oublier une réalité opérationnelle : la récupération de données reste possible dans de nombreux cas, à condition d’agir rapidement, de préserver les supports et de confier leur analyse à des spécialistes.

Les témoignages de dirigeants, DSI, collectivités et associations mettent en avant des résultats allant de la récupération des données critiques à la restitution de la quasi-totalité des fichiers et bases essentiels. Ils soulignent aussi l’importance d’un processus maîtrisé : diagnostic rapide, copies sécurisées, analyse de plusieurs médias, traitement des données chiffrées, validation des contenus et restitution rapide des équipements.

Au-delà de la technologie, la réactivité, la confidentialité et l’accompagnement étape par étape contribuent directement au redémarrage. Dans une situation d’urgence, chaque donnée récupérée peut aider une organisation à restaurer ses services, soutenir ses équipes, répondre à ses clients ou usagers et reconstruire son système d’information avec davantage de sérénité.

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